C'est une maladie dont la cause exacte et les facteurs influançant l'évolution restent mystérieux en dépit des progrès de la science. Par contre ses manifestations sont connues de longue date : il s'agit d'un épaississement fibreux des cloisons aponévrotiques de la main.
À l'état « normal » ces cloisons sont souples et fines, organisées suivant une architecture très complexe définissant les espaces respectifs destinés aux nerfs, artères, tendons... L'invasion de ces cloisons par du collagène conduit à leur rétraction et leur rigidification.
Ceci se traduit par l'apparition de nodules fermes, une augmentation de la profondeur des plis de la main, puis la survenue de cordes rigides fléchissant les doigts de manière permanente. L'atteinte se situe majoritairement à l'auriculaire, l'annulaire, le pouce et la paume de main.
L'évolution est inéluctable mais imprévisible, parfois lente insidieuse et continue sur des dizaines d'années, parfois sous forme de poussées inflammatoires douloureuses occasionnant une accélération de la flexion digitale en quelques semaines.
Les cloisons aponévrotiques de la main à l'état normal
La maladie se caractérise par la rétraction et l'épaississement des cloisons, qui forment nodules (N) et cordes (C)
Il n'y a aucun traitement médicamenteux ou chirurgical préventif de la maladie, ou qui ralentirait voire stopperait sa progression.
Les traitements actuels n'empêchent pas non plus la récidive de la maladie mais visent à en limiter les conséquences.
La chirurgie, classique, vise à retirer l'ensemble de l'aponévrose pathologique épaissie, afin de restaurer le maximum d'extension possible (car lorsque la contracture des doigts est présente depuis de longues années la raideur articulaire installée ne permet pas toujours un résultat complet).
C'est une chirurgie difficile, exigeante et spécialisée car les cordes ont une fâcheuse tendance à s'enrouler autour des nerfs et artères, et l'incision cutanée doit être planifiée précisément pour « amener » assez de peau sur la face palmaire du doigt et permettre la fermeture en extension complète.
Dans les rares cas où la rétraction est extrême, une zone peut être laissée ouverte (technique de Mc Cash) et cicatrise très bien en dépits de premiers pansements impressionnants.
Incision classique pour maladie de Dupuytren
Les cordes s'enroulent fréquemment autour des nerfs digitaux
La chirurgie se déroule le plus souvent en ambulatoire sous anesthésie loco-régionale.
Au premier pansement, une orthèse en extension sera ajustée sur mesure, et portée pendant la nuit (pendant plusieurs mois) pour conserver le résultat obtenu lors de la chirurgie.
Deux à 4 semaines de cicatrisation seront nécessaires avec des pansements, qui peuvent paraître impressionnants du fait de la taille des incisions et de la souffrance possible de certaines zones de peau, dont la cicatrisation - bien que plus lente - sera obtenue par les pansements.
La mobilisation des doigts et l'utilisation de la main en journée sont encouragées dès le lendemain de l'opération, avec souvent l'aide de la kinésithérapie à prévoir dès les premiers jours suivant l'opération, lorsque les fils sont encore en place.
En effet, il est primordial de faire plier les doigts complètement et sans attendre, afin que les tendons et ligaments n'aient pas la possibilité de se rétracter ou de se « coller ».
Le retard au début de la mobilisation se paie souvent par un résultat moins bon ou de la rééducation plus prolongée.
Le massage de la cicatrice 6 fois 10 minutes par jour permettra d'assouplir la cicatrice très rigide et épaisse dans la zone opérée. Ce massage doit être très appuyé pour assouplir la cicatrice dure, qui n'est plus de la maladie de Dupuytren.
Non bien sûr. Bien qu'étant une procédure codifiée, courante et maîtrisée, le risque existe, comme pour toute chirurgie.
On retrouve principalement et même si toutes les précautions sont prises :
La récidive des cordes et nodules n'est pas une complication en soi, car elle correspond à l'évolution naturelle de la maladie. De même que lors du premier traitement, une nouvelle chirurgie se discutera à nouveau en cas d'impossibilité de « mettre la main à plat ». C'est une chirurgie souvent plus exigeante que le premier traitement.
Si la rétraction devient importante, l'impossibilité d'ouvrir la main peut gêner considérablement dans les activités quotidiennes.
De plus, lorsque la flexion des doigts est importante, installée depuis de nombreuses années, la chirurgie comme la rééducation postéopératoire sont plus difficiles et l'extension finale incomplète, moins bonne que lors d'un traitement « à temps » de la maladie et de ses récidives éventuelles.
Nos spécialistes sont à votre disposition pour évaluer votre situation et vous proposer le traitement le plus adapté.
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